Les vidéos sont des médias extrêmement attractifs et utiles pour véhiculer de l’information. Cependant, l’usage de la vidéo en ligne représente entre 60 % et 90% du trafic internet (Sobriété numérique : Les clés pour agir, Frédéric Bordage).

Limiter l’usage de vidéos

A quoi va servir votre vidéo ? A qui ? Est-qu’on peut faire autrement ? Par exemple, proposer uniquement le son pour la musique ou les conférences, mettre une infographie plutôt qu’une vidéo...

Si la vidéo est indispensable, essayez de la faire la plus courte possible. La longueur idéale dépend de son usage mais en marketing, il est recommandé de réaliser des vidéos de moins de 1mn30.

Bannir les fonds vidéos et l’autoplay

Il est commun de voir en tête de page d’accueil une vidéo qui tourne en boucle, sur laquelle on peut lire le nom du site, voire le menu racine.

Exemple d’une vidéo en header

C’était notamment le cas du site Kenzo. Non seulement cette pratique augmente fortement le poids du site, mais elle pose également des problèmes d’accessibilité pour les personnes malvoyantes ou autistes.

Fond vidéo du site Kenzo montrant un texte blanc sur un fond jaune

Par ailleurs, les vidéos se lançant automatiquement (comme sur les réseaux sociaux) sont critiquées pour la captation de l’attention qu’elles génèrent. L’article 19 de la proposition de loi du Sénat prévoit l’interdiction de la lecture automatique des vidéos.

Exemple d’une vidéo en autoplay

Sur le site La Chaîne Météo, la vidéo de bulletin météo (en ancrage à droite quand on descend sur la page) se lance automatiquement, élevant le poids de la page à 13,7 Mo (près de 7x le poids moyen d’une page web) et le temps de chargement total de la page à près de 2 mn (pour une faible connexion).

Fenêtre du bulletin météo en lecture automatique en bas à droite

Plus rare de nos jours, la pratique la plus décriée demeure celle du son de la vidéo activé par défaut, ce qui gêne les personnes malvoyantes ayant un lecteur d’écran, voire même peut les empêcher de naviguer sur le site. Dans tous les cas : permettre aux utilisateurs de régler le volume du son, éviter les arrière-plans sonores ou bien permettre de les désactiver.

Compresser les vidéos et sons

Bonne nouvelle, si vous devez mettre une vidéo sur votre site, il existe d’excellents outils de compression sans perte de qualité perceptible. Par exemple, le logiciel Handbrake permet de compresser une vidéo HD de 1mn35 en 720p, réduisant ainsi son poids de 38% soit allégé de 11,7 Mo.

Bien choisir la taille de compression adaptée à votre contexte d’usage : par exemple pour une publication sur les réseaux sociaux, une vidéo de 480p plus légère peut être préférable à une vidéo de 720p plus lourde.

De même, beaucoup de bandes sonores peuvent être compressées en mp3 avec des logiciels comme Adobe Audition, l’encodeur gratuit Lame ou encore des sites gratuits sans perte notable pour l’utilisateur final.

Bien entendu, la compression, comme tout choix de design, doit dépendre du contexte d’utilisation final : dans le secteur musical ou cinématographique, il sera préférable de ne pas compresser les fichiers.

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Éviter d’intégrer les vidéos dans la page

Parfois la vidéo est indispensable : par exemple pour un MOOC (Massive Open Online Course). Mais si la vidéo est facultative dans la navigation de la page (interviews, description de produit, etc.), alors il vaut mieux la remplacer par une image cliquable.

Exemple d’images cliquables

Sur une page profil entreprise de Welcome to the Jungle pesant 5 Mo, on peut voir jusqu’à 8 vidéos d’interviews. Or le plugin YouTube pèse pourtant à lui seul 2 Mo (soit le poids moyen d’une page web en 2019). Les vidéos ne sont en effet pas réellement incrustées : ce sont des images qui, lorsqu’elles sont cliquées, ouvrent le lecteur YouTube en pleine page. Ainsi seules les personnes souhaitant réellement visionner les vidéos les chargeront.

Page de Welcome to the Jungle montrant plusieurs images de vidéos

Pensez également à d’autres alternatives telles que PeerTube pour héberger vos vidéos (nous, on y est !).

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Sous-titrer les vidéos pour l’accessibilité

85% des vidéos Facebook sont regardées sans le son (Digiday). Non seulement le sous-titrage rend votre contenu vidéo accessible aux personnes en situation de handicap permanent (sourdes ou malentendantes) mais aussi aux personnes rencontrant un handicap situationnel (celles qui regardent une vidéo dans les transports en commun, au bureau, ou à côté d’une personne endormie).

De même, si le contenu est uniquement audio : proposer une retranscription écrite de l’audio.

Sauf mention contraire, les contenus de ce site sont mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution 4.0 International.

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Autrices du guide : Aurélie Baton et Anne Faubry.